Comment éviter les effets pervers de la digitalisation dans le secteur industriel ?

« Pour porter ses fruits, la transformation digitale doit être pensée comme un projet business » : les conseils de deux experts de la digitalisation pour réussir vos projets informatiques

La transformation digitale d’une entreprise est un projet stratégique majeur dont l’impact sur les résultats peut être déterminant. Mais, pour porter tous ses fruits, elle doit être appréhendée dans toutes ses dimensions : techniques, mais aussi organisationnelles et culturelles. Comment éviter les écueils classiques des projets de digitalisation ? Comment gérer une période de transition parfois risquée et source d’incertitude pour les porteurs du projet et les utilisateurs finaux ? Pour répondre à ces questions, Didier Artus, Président du DynsClub, Club Utilisateurs Microsoft Dynamics France, et Antoine Labuche, expert sur les questions d’industrie 4.0 chez Ad Ultima Group, partagent leur expertise.


Plusieurs études ont récemment mis en évidence un certain nombre de résistances au changement au sein des entreprises. Celles-ci sont notamment liées à la perception des projets de transformation digitale et à l’idée que le changement pourrait faire baisser la productivité des utilisateurs, d’autant plus dans le secteur industriel. Comment percevez-vous ces craintes et que suggérez-vous pour les dépasser ?

Didier Artus (DynsClub) : Si l’on considère les résultats du projet sur le court terme, une baisse de productivité est inévitablement observée. C’est la rançon de tout changement. Mais au-delà d’une période de transition, la productivité doit en toute logique remonter et finalement s’établir à un niveau supérieur à ce qu’elle était auparavant. Tout l’enjeu est donc de minimiser la durée de cette période d’ajustement et son impact sur le résultat de l’entreprise. Et à ce niveau, tout ou presque se joue en amont, au moment du choix de l’outil et du partenaire qui nous aidera à l’implémenter.

Antoine Labuche (Ad Ultima Group) : C’est effectivement une question de prise en compte du long terme. C’est un aspect fondamental de notre métier et c’est pourquoi, chez Ad Ultima Group, nous valorisons tant notre rôle en tant que partenaire de long terme de nos clients. Nous ne considérons pas le projet comme une simple opération technique à mettre en œuvre sur une période de temps précise. Nous nous attachons à comprendre les enjeux  métiers de nos clients, à proposer une solution adaptée et à les accompagner jusqu’à ce que l’outil soit parfaitement pris en main et démontre réellement l’impact positif qu’il peut avoir sur le long terme (dont les futurs projets d’optimisation).  D’ailleurs, cet impact positif ne se mesure pas uniquement à l’aune de la productivité.

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Quels autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte ?

Antoine Labuche (Ad Ultima Group) : Tout dépend des objectifs fixés au départ du projet. Cela peut aller de l’amélioration de l’expérience client pour se démarquer commercialement, à l’optimisation de processus internes à des fins stratégiques.

Didier Artus (DynsClub) : Exactement, chaque projet a ses objectifs qui lui sont propres et qui doivent fournir des critères d’évaluation spécifiques. L’essentiel est de partir d’un diagnostic précis des besoins de l’entreprise et d’en déduire progressivement un plan d’action.

 

La digitalisation ne peut donc selon vous qu’avoir des effets positifs sur le long terme ?

Didier Artus (DynsClub) : Sur le long terme oui, car même les externalités négatives du projet, que l’on constate parfois, sont immédiatement compensées. Par exemple, il est fréquent de constater que du point de vue utilisateur, la digitalisation amène une certaine sensation d’urgence permanente, une augmentation des exigences en matière de réactivité notamment. Mais l’automatisation de nombreuses procédures et l’amélioration de l’expérience utilisateur sur les nouveaux outils permettent aux équipes de s’aligner rapidement sur ces nouvelles exigences sans que leur qualité de vie au travail ne s’en ressente.

Antoine Labuche (Ad Ultima Group) : C’est vrai que sous cet aspect, les outils ont énormément évolué et que cette évolution répond à une attente des clients. L’industrie 4.0 est tournée vers la personnalisation et la diversification des produits, ce qui entraîne de fait une montée en complexité à la fois au niveau de la conception – de la gestion des nomenclatures par exemple – que de la fabrication et du SAV. Cette transformation serait inenvisageable sans ces nouveaux ERP et PLM bien plus user friendly et plus modulables que leurs prédécesseurs.

 

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Un autre risque est souvent présent à l’esprit des décideurs, celui d’un projet qui se révélerait surdimensionné, trop lourd ou trop coûteux. Comment éviter cet écueil ?

Antoine Labuche (Ad Ultima Group) : Chez Ad Ultima Group, nous avons une expression qui résume notre approche des projets : « think big, start small, go fast ». C’est-à-dire que nous menons nos projets étape par étape pour en garder le contrôle, en évaluer l’impact plus facilement et rester souples. Cela se retrouve dans notre méthodologie Agile comme dans notre vision de la transformation digitale. Celle-ci n’est pas qu’un projet IT mais aussi un projet business. Chaque outil est conçu pour répondre à un ou des objectifs business précis qui en fixent le périmètre. Ainsi, peu de risque de sortir du cadre et de s’embarquer dans de longs développements à faible valeur ajoutée.

Didier Artus (DynsClub) : Ce risque d’un projet surdimensionné est souvent lié à une tendance des entreprises à vouloir se transformer en véritables laboratoires informatiques. Il y a parfois un tel engouement autour de certaines technologies – suscité notamment par la course à l’innovation que se livrent les éditeurs – que l’on cherche parfois à acquérir une technologie pour ce qu’elle représente et non pour ce qu’elle peut réellement nous apporter. Ici, la stratégie de l’entreprise doit servir de boussole aux décideurs informatiques. Quelle technologie pour remplir quel objectif ? Voilà la question qui doit guider leurs choix.

Le DynsClub est le Club Utilisateurs Microsoft Dynamics France. Son objectif est d’aider ses adhérents dans l’utilisation des solutions Dynamics et dans leur intégration avec les solutions tiers qui composent l’écosystème Dynamics. Le DynsClub favorise le partage des projets, des réalisations, des bonnes pratiques entre ses sociétés membres et fédère une communauté d’échange entre ses adhérents, Microsoft et les partenaires du Club.
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Sarah Moumen

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