Méthode agile: les outils évoluent et lui donnent enfin la place qu’elle mérite

Peu de méthodes de travail auront fait couler autant d’encre que la méthode agile. Pourtant, près de vingt ans après sa première formalisation dans le « manifeste agile », peu d’entreprises la connaissent réellement et encore moins nombreuses sont celles qui l’appliquent sur des projets entiers. Un état de fait qui pourrait bien changer : des logiciels professionnels parmi les plus utilisés, tels que Microsoft Dynamics AX ou Visual Studio Team Services, intègrent désormais des fonctions de gestion de projet en méthodologie agile. Une évolution qui pourrait enfin démocratiser ses nombreux bienfaits.

Aux origines : une méthode pour prévenir « l’effet tunnel »

La méthode Agile a été conçue pour pallier les principaux défauts des approches standards et en particulier « l’effet tunnel », celui qui fait que le client est coupé du projet pendant toutes ses phases de conception et de développement et reçoit du jour au lendemain une solution entièrement nouvelle et potentiellement inadaptée. On estime que 60% des échecs de projets ERP sont dus à cet effet dévastateur pour la relation client. Face à cet écueil, la méthode Agile favorise l’implication continue des équipes utilisatrices de l’outil qui sont mises au contact de la solution dès la phase de préparation du projet. En divisant les projets en sous-projets présentés régulièrement à des key users, en effectuant une transition progressive et en favorisant le transfert de connaissances elle permet une véritable co-construction du produit final.

De la préparation à l’exploitation, toutes les étapes de la méthodologie agile sont conçues pour faciliter le changement et l’adaptation aux besoins du client tels qui évoluent au cours du projet. Conception et développement sont découpés en sprints, durant généralement six semaines, qui couvrent un processus géré par le produit final comme le suivi d’une commande de l’achat à la facturation. Chaque sprint est alors l’occasion de recueillir les retours des key users, de les intégrer à la solution et d’amorcer le transfert de compétences qui se concrétisera dans la phase de déploiement auprès des utilisateurs finaux. Le paramétrage est effectué de concert par l’équipe à l’origine de l’outil – consultants fonctionnels et architecte solution – et les key users qui s’entrainent dans un bac à sable.

La démocratisation d’une méthode qui limite les coûts imprévus

La méthode agile plait aux clients qui se sentent plus impliqués en constatant régulièrement l’avancée du projet et la prise en compte de leurs retours. Mais si elle est si populaire c’est aussi pour ses avantages financiers : en anticipant les modifications à apporter au produit, elle permet de prévenir des coûts parfois importants qui n’étaient auparavant révélés qu’au moment de la livraison du fait de « l’effet tunnel ». Avec l’intégration de la méthode agile dans les principaux progiciels du marché, c’est donc également la maitrise des coûts imprévus qui va se démocratiser. Dès aujourd’hui, certaines entreprises n’hésitent pas à imposer contractuellement que le montant final ne dépasse pas de plus de 10% le montant prévu initialement, partant du principe que les surcoûts doivent être limités par un suivi continu.

Avec l’intégration de la méthode agile dans les principaux progiciels du marché, c’est donc également la maitrise des coûts imprévus qui va se démocratiser.

Vers une utilisation à grande échelle

Jusqu’à présent, les entreprises qui appliquaient la méthode agile ne le faisaient que sur des sous-projets de tailles réduites comme le développement d’un module particulier ou la modification de produits existants. L’intégration de cette approche aux principaux progiciels va probablement permettre aux entreprises de généraliser son utilisation à plus grande échelle. Il ne sera plus nécessaire de suivre les sprints sur des outils génériques inévitablement maniés à contre-emploi dont l’inadaptation réduisait les apports en termes de productivité. Dans les prochaines années, il pourrait donc ne pas être inhabituel de voir des produits nécessitant plusieurs milliers de jours de travail gérés de manière agile.

 

Mise à  la portée de tous, il ne fait pas de doute que la méthode agile va séduire un plus large public et faire montre de ses principaux atouts : souplesse et maîtrise des coûts. Mais son fort potentiel suffira-t-il à insuffler une nouvelle culture de travail chez les éditeurs ?

Christian Cosson

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